J'aime ces belles balades que vous me proposez et ces énigmes qui quelquefois me prennent la tête, partager ces moments complices de recherches et de trouvailles, ces crises de rigolades en revenant bredouille ou en savourant les carnets...
Du haut de ma salle de bains,
Tout en me brossant les dents,
J'aperçus des pissenlits.
Rien d'étonnant, me direz-vous ?
Et bien...
Les pissenlits dépassaient des tuilières,
Dépassaient de la gouttière...
Que faisaient ces pissenlits-là ?
J'entrepris alors de sortir ma grande échelle,
Comme dans la chanson de Sacha Distel...
Deux kilos de boue,
Et même de la gadoue,
Quelques pissenlits qui auraient pu un jour m'offrir un peu de miel...
Dire que je venais de me laver et de me faire toute belle,
En tenue de dimanche
Je monte sur l'échelle qui penche
Pour enlever tout ce grabuge
Apporté un jour de déluge...
Bou bou bou,
L'échelle aussi est pleine de boue,
Et du coup,
Le sol plein de gadoue,
(la gadoue, la gadoue, la gadoue, bou la gadou...)
Suite des opérations, avant de m'essuyer le visage,
Mon sol mérite un grand nettoyage.
J'allume le tuyau d'arrosage,
Je nettoie l'échelle qui montait jusqu'au ciel,
Je tire un peu trop sur le tuyau,
Hop ! Pas de pot...
Des fleurs en jardinière, je renverse le pot...
Un pot plein de gadoue
Car en ce moment il pleut beaucoup vers chez nous...
Le pot se casse,
Et je remets tant bien que mal
(il se casse mais ne se fait pas la malle !)
Dans le pot pourri, les plantes
Sans dessus-dessous,
Sens dessus-dessous,
La terre, la gadoue...
Bou...
Puis j'apporte à mon compost,
Comme une lettre à la poste,
Ces quelques kilos de terre
Cueillie entre ciel et terre.
L'échelle est toute belle,
Elle étincelle,
Qu'elle aille étinceler dans le cellier...
Je l'y apporte
Et referme la porte.
Et là, que vois-je ?
Mon arc-en-ciel s'est fait la malle.
Je refais le parcours,
Je me revois les mains dans la boue
Et l'arc-en-ciel solidaire jusqu'au bout
Du haut de mon échelle...
Il n'est pas là-haut,
Pas dans le cellier,
Ni sur le sol de la terrasse,
Pas près du robinet,
Ni même du tuyau d'eau...
Il me reste à...
Trifouiller dans le compost,
Refaire les trajets
Envahis par les feuilles du figuier
Qui continue de se dénuder.
Vais-je jeter l'éponge ?
Et comment te l'annoncer en douceur
A toi Ado qui me l'a offert,
"Mon jardin recèle un bel arc-en-ciel,
Venu tout droit de Toulouse,
Au premier jour du printemps".
Les miens sont revenus du marché,
Quelques plantes ils m'ont apporté.
Je continue donc de travailler la terre,
Puis esquisse un timide "Mettez le couvert !"
Personne ne m'entend...
Où est-il mon garnement *?
Poulet au four,
Salade cuisinée avec amour...
Je retourne à mon labours...
Je repense à Voltaire
"Il faut cultiver son jardin"
et retrouver mon balladin ?
Les miens semblent tous affairés,
Suzon me fait un défilé...
Fouiller dans le compost ?
J'vais pas me défiler !
Bou la gadoue...
La gadoue, et le reste surtout !
J'ai beau remuer terre et... ciel ?
Point d'arc-en-ciel...
Gggggggrrr un jour, sans doute, je le retrouverai.
Comment vais-je faire, sans toi, bel Arc-en-ciel ?
Bel Arc-en-fleurs ?
J'espère qu'il n'est pô cassé...
Pot cassé ?
Arc-en-fleurs ? Pot cassé ?
Eurêka ! Dans le pot cassé, je l'ai trouvé !!!!
"A taaaaaaaaable !"
(* l'arc-en-ciel est ce joli bracelet de perles qu'Adopeste a déposé pour moi dans une ciste audoise)
P.S. Minipous, voici le texte que j'écrivais au bord de la piscine !